Avant d'automatiser un processus, il faut d'abord comprendre comment il fonctionne réellement. Voici la méthode pour passer d'un état actuel (AS-IS) à une version cible simplifiée (TO-BE).
L'erreur fréquente consiste à analyser chaque service séparément, alors que le client (interne ou externe) subit le délai total du parcours complet. Un processus "commande à encaissement" traverse généralement acquisition, commande, contrôle, préparation, livraison, facture, paiement et rapprochement.
Chaque processus doit avoir un owner capable d'arbitrer ce flux de bout en bout, même si plusieurs responsables fonctionnels interviennent sur des étapes différentes.
La cartographie AS-IS part toujours d'un cas réel et récent, pas d'une description théorique. Elle capture : déclencheur, étapes, rôles, systèmes, données, décisions, exceptions, temps de travail et temps d'attente.
Avant de refaire quoi que ce soit, mesurer : volume par période, temps de travail actif, temps d'attente, taux de retour, taux d'erreur, nombre de transferts, nombre de ressaisies du même champ, coût par dossier. Le temps de cycle inclut les attentes ; le temps de traitement ne mesure que le travail actif. La différence entre les deux révèle souvent l'essentiel du problème.
Le TO-BE doit répondre à : quel résultat doit sortir du processus ? Quelle donnée est capturée à la source ? Quelle décision peut être déterministe ? Quelle exception nécessite un humain ? Quel système est source de vérité ? Quels événements doivent être journalisés pour le pilotage ?
La séquence recommandée reste : supprimer, simplifier, standardiser, instrumenter, automatiser, mesurer, dans cet ordre. Automatiser une étape inutile ne fait que la rendre plus rapide, pas plus juste.
BPMN 2.0.2 fournit une notation commune utile pour les processus complexes, mais pour une petite mission, un diagramme en couloirs suffit souvent. Le bon niveau de détail est celui qui permet de décider.
Il n'y a pas de nombre fixe, mais repérer au moins cinq points de friction sur un cas réel donne généralement une base suffisante pour concevoir un TO-BE crédible.