Occasion manquéeLeader mondial incontesté de la téléphonie mobile jusqu'en 2007, Nokia n'a pas su réagir à temps à l'arrivée de l'iPhone et d'Android, et a fini par céder sa division mobile à Microsoft.
Nokia n'est pas un client d'Audyxa. Cette page est une étude de cas externe, construite à partir de sources publiques citées en bas de page, elle sert d'illustration pédagogique, pas de référence commerciale.
Nokia est le leader mondial incontesté de la téléphonie mobile dans les années 2000, avec un système d'exploitation propriétaire (Symbian) taillé pour l'ère du téléphone à touches.
Apple lance l'iPhone (2007), Google lance Android (2008), deux écosystèmes tactiles et applicatifs. Nokia reste sur Symbian, jugé peu adapté à cette nouvelle ère, et continue de produire des téléphones à touches physiques.
Le nouveau PDG Stephen Elop publie en interne le tristement célèbre mémo de la « plateforme en feu » (burning platform), comparant Nokia à un homme devant sauter d'une plateforme pétrolière en flammes pour survivre.
Nokia abandonne son projet interne MeeGo (un système d'exploitation alternatif en développement) et engage à la place un partenariat exclusif avec Microsoft pour adopter Windows Phone, une bascule jugée tardive, quatre ans après l'iPhone.
Le partenariat Windows Phone ne parvient pas à rivaliser avec l'écosystème d'applications iOS/Android, faute de masse critique de développeurs et d'utilisateurs.
Nokia vend sa division mobile (Devices & Services) à Microsoft, annonce en septembre 2013, clôture en avril 2014. Microsoft dépréciera ensuite la quasi-totalité de cette acquisition et se retirera du marché des téléphones.
Nokia survit aujourd'hui comme entreprise d'infrastructure télécom, loin de son ancienne position dominante dans les terminaux mobiles.
part de marché mondiale des smartphones Nokia au T4 2007, à son pic
part de marché mondiale de la téléphonie mobile de Nokia en 2013, contre 38,6 % en 2008
Le montant exact de la cession à Microsoft varie selon les sources consultées (entre 5,4 milliards d'euros et 7,2 milliards de dollars US), probablement lié à la conversion de devise entre l'annonce et la clôture, à vérifier sur un communiqué financier primaire avant citation d'un chiffre unique.
Dominer un marché ne protège pas d'une rupture de paradigme (du clavier au tactile, du matériel au logiciel/écosystème d'applications). Réagir tardivement, même avec un partenariat de poids, ne rattrape pas des années de retard technologique.
Nokia a tenté de greffer un partenariat externe sur une organisation pensée pour l'ancien monde, sans revoir le fond. Une refonte des processus métier commence par repenser le fonctionnement réel, pas par ajouter une couche technologique par-dessus l'existant.